La Voie OLIVIER : Voie TD+ ouverte les 1et 2 mai 1975, en 23 heures effectives d'escalade, (1 bivouac), par Jean-Marcel CHAPUIS, Daniel DUCOIN, Bruno FARA et François RUBIN, 52 pitons et 10 coins non compris les relais.
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Nous sommes au printemps 1975, à cette époque, la voie du TOIT DES LYONNAIS ouverte par François RUBIN, Daniel DUCOIN et Bernard CONOD en 1969 était le must en terme de difficultés dans les préalpes.
En avril 1973 j'avais tenté la répétition avec Dominique MARQUIS, mais l'impressionnant toit avait stoppé nos velléités! Ce n'est qu'en 1980 que j'ai réalisé la voie pour les besoins d'un film TV. Il est donc logique qu'avec mon compagnon de cordée Jean-Marcel CHAPUIS, nous ayons cherché à imiter nos aînés en ajoutant quelques pointillés dans le secteur.
Le 13 avril 1975 nous avons donc attaqué la première longueur de la voie OLIVIER en suivant un dièdre évident. La suite semblait logique et évidente dans une succession de lignes de fissures décalées. A titre anecdotique (pour révéler l'esprit de l'époque) j'ai noté dans mon carnet pour le samedi 12 avril " Voie BIZE (le Nid d'Aigle) TD 10 heures topo inexact et sous côté, aucun piton en place... " A la section lyonnaise du Club Alpin Français, les leaders des années 60 commençaient à vieillir, voire pour certains comme François RUBIN à cesser l'alpinisme pour se consacrer à leur vie professionnelle. Judicieusement il suggéra de se joindre à nous pour l'assaut final de cette voie OLIVIER qui porte le nom de son fils né quelques jours auparavant.
Les 1er et 2 mai 1975, le choc des générations était consommé, avec un bivouac à R7 nous sortions cette voie, qui durant quelques années fut considérée comme extrêmement difficile. Rien de bien notable dans cette ouverture, François RUBIN y trouva prétexte à abandonner tous ses vieux pitons favorisant ainsi l'équipement à demeure. J'ai utilisé le premier coinceur entrevu sur le marché (un Mammouth en plastique rouge), la chute mémorable qui suivit ce premier contact avec le clean climbing doit être à l'origine de mon aversion pour cette quincaillerie... le plastique c'est fantastique sauf pour les coinceurs.
A une époque où la chute était considérée comme infamante, car révélatrice d'un piètre niveau de compétence, il me fallut persuader RUBIN de me laisser continuer en tête (le déshonneur était passé pas loin...). L'été qui suivit l'ouverture de la voie Olivier allait concrétiser les ambitions de notre cordée (pilier BONATTI, Face N du BADILE). J'allais aussi élargir mes compagnons de cordée en rencontrant des Stéphanois comme Roger REYMOND (avec qui j'ai réalisé la voie des Enragés au Verdon), Pierre BEGHIN (seconde de la voie des grands surplombs à Glandasse), et surtout participer à l'émergence d'un groupe de jeunes alpinistes Lyonnais ambitieux (Bernard MACHO, Luc JOURJON etc...) avec lesquels j'allais ouvrir un grand nombre de voies. Ce groupe allait être le moteur d'une décennie fructueuse et dont je suis avec Luc... l'un des rares survivants.