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SCENES DE LA VIE EXTRA CONJUGALE, c’est un peu la concrétisation de
ma cordée avec Renée GUERIN. Je n’étais pas encore divorcé, et nous
ne vivions pas encore ensemble… mais depuis déjà 5 ans l’alpinisme
était l’un de nos liens…
Le 9 juin 1985 après un samedi pluvieux, j’ai attaqué cette voie dans
ce surplomb terriblement délité qui malheureusement doit décourager
beaucoup de candidats (ensuite, ca s’arrange pourtant…).
Le Week-end suivant j’ai préféré entreprendre la sortie directe de
9ème DECENNIE EN SPITS MAJEURS, et ce n’est que le 6 juillet 1985
que nous sommes revenus pour atteindre R6.
Le lendemain, avec Georges DURAND et Roland ROUSSEL nous avions décidé
de reprendre l’équipement de la voie des Plombardiers
mais ayant oublié les vis et les plaquettes, nous nous sommes
contentés de forer les trous… plus tard nous ferons le
parallèle entre cette journée et les événements
qui se déroulaient au même moment, vers 8600m sur le
K2… Eric ESCOFFIER et JAVEL terminaient la première ascension
française de ce sommet, seul Eric rentrerait au camp de base.
Le 20 et le 21 juillet avec Renée nous avons installé
R8 pendant que Eric REVOLLE et Rolland ROUSSEL terminaient le relookage
de la voie des Plombardiers.
Nous avions équipé une vire depuis le couloir du col
des Deux Sœurs, qui nous évitait les 4 premières
longueurs… Même avec cette facilité, il nous fallut
encore le week end du 7 et 8 septembre pour installer R11 et R12 à
la vire du grand Boulevard.
Enfin le 15 septembre 1985, par un froid polaire, j'ai posé
le R17 au sommet. Heureusement nous avions une importante quantité
de pitons à R12, car dans le grésil et les flocons de
neige, les dernières longueurs ne furent franchies que pitons
après pitons, le bonnet sous le casque et grimpant avec les
gants… Au sommet il y avait tellement de vent, que j'ai filé
à corde tendue vers le col plutôt que d'attendre Renée
sur place, et aucun des nombreux pitons inutiles ne fut retiré
ce jour là!
Le 29 juin 1986 j'ai repris la voie en compagnie de Renée GUERIN,
Jean-Pierre FRESAFOND et Didier CLARET TOURNIER, par un chaud soleil,
il nous a fallu 5 heures seulement pour sortir avec bien peu d'artif
(principalement entre R6 et R7). La partie supérieure passant
entièrement en libre… le topo publié au lendemain
de la première, (comme tous les topos de cette époque),
n'était que le reflet de notre ascension du 15 septembre. Je
pense que cette voie mériterait de devenir classique.

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