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SHESEP ANKH … Tête royale et corps
de félin, le bien et la puissance au service de l'intelligence.
En égyptien ancien, le Sphinx est connu sous le nom de Shesep
Ankh, la «statue vivante» d'Atoum, assimilé à
Harmakhis au Nouvel Empire et représentant Khéphren
sous la forme d'un lion à tête d'homme.
Pour comprendre le nom de cette voie, tout est dans ce petit texte
tiré de document d’Egyptologie … bien sûr
c’est du deuxième degré … quoique…
je sois tenté d’y croire ?
Cette voie aurait plutôt du se nommer LUKAS … du prénom
de mon
petit-fils né en août 2005 car c’est la garde
de ce dernier durant les mois de juillet 2006 et 2007 qui me permit
de terminer ce chantier assez colossal! Ma compagne, (épousée
durant cette période … “just
married” aurait aussi été un beau nom), étant
de garde, j’ai occupé mes journées à équiper!
Seul problème … la tête des réceptionnistes
de l’hôtel du Musée de l’eau quand je rentrais
chaque soir avec une allure de mineur de fond !
Le 22 avril 2006, de retour de Wadi Rum (Jordanie), j’avais
attaqué cette voie de façon classique … du bas
(comme au bon vieux temps). Sans doute influencé par mon collègue
Piola que j’avais vu à l’œuvre à Kalymnos.
C’était propre et intéressant comme style, j’ai
pensé … pourquoi ne pas revenir à ce type de pratique
à Presles? En plus mon double jeu de camalots récemment
acquis me donnait l’assurance d’une réussite inéluctable
?
Ouvrir (et pas équiper … terme réservé
aux voies fabriquées en rappel), c’est une technique
que je maîtrise assez bien pour l’avoir appliquée
dans bon nombre de premières. Mais de toute évidence
elle n’est plus adaptée pour “fabriquer”
des voies de qualité dans le calcaire de Presles … entre
le R2 et le R3 actuel, j’ai trouvé absurde de continuer
à grimper en me frayant un chemin vers le haut avec ma scie
pour dégager les buis, obligé de progresser en artif
à cause des menhirs en équilibre précaire. C’était
clair, en l’état cette voie n'intéresserait personne!
De la terre bien grasse remplissait toutes les fissures … des
buis partout … des blocs instables à profusion! Pour
en faire une belle voie il faudrait de toute façon revenir
en rappel avec une pioche et une barre à mine …
A quoi bon me tirer vers le haut “pour le principe”, pour
ensuite tout faire sur des statiques! Le 23 avril 2006 j’ai
donc posé une corde dans la dernière longueur, découvrant
au passage la sortie exacte (mal dessinée sur le topo) de Idéfix.
Un voyage dans les Asturies en mai, quelques grandes voies à
Archianne ou en Chartreuse, le Roc trip de Millau en juin …
et ce n’est que début juillet, à la faveur d’une
semaine consacrée à la garde de mon petit fils, (garde
assurée par Renée), que j’ai vraiment progressé.
Un excès de vitesse plus tard (en venant le vendredi soir à
Choranche), et pour 90€ et 2 points je suis arrivé le
5 août 2006 à rejoindre les cordes laissées préalablement
à R2.
La difficulté d’accès par le bas fut un problème
important (sans doute lié à l’âge). Il faut
dire que 1h45 de montée raide, avec un sac contenant la perceuse
et 3 accus … ça tue et ça démoralise (même
si le soir la petite bière à la Cabane
Café était réconfortante). J’ai donc
décidé que l’ampleur du travail restant à
faire ne permettrait pas de terminer en 2006. Néanmoins tous
les goujons étaient en place et la voie déjà
bien nettoyée. Je pouvais partir passer Octobre à Kalymnos
sans culpabiliser.
Les voyages m’éloignant de plus en plus de Presles ,
(mars 2007 fut consacré au Hoggar pour un peu d’escalade
et surtout une traversée du désert vers le Niger), ce
n’est que le 14 avril 2007 que je suis revenu visiter mon chantier
! Visite sans suite … puisque le mois de mai fut passé
en Andalousie … Mais, prévoyant, j’avais programmé
à nouveau une semaine mi juillet à l’hôtel
du Musée de l’eau (toujours avec Lukas) pour en terminer
avec l’extermination des mottes de terre ??
Le dimanche 29 juillet 2007 je pouvais dire, avec soulagement …la
voie est terminée. Le même jour, Bernard Gravier achevait
pas loin une nouvelle ligne, mais lui avait commencé en 2005
… et surtout il fut aidé par une multitude de comparses.
Néanmoins il m’a fallu revenir encore le 4 août
2007 pour en finir avec la récupération des cordes.
Reste encore un projet de sortie directe … et aussi l’aménagement
du sentier entre le pied de Shesep Ankh et Début de Millénaire
… on verra plus tard ?
J’ai donc passé toute la période polémique
de Presles loin du tumulte et des bagarres, qui sont restés
cantonnés au virage de la voie des Buis… Bien tranquille
dans mon “fond du cirque”, devenu du coup très
fréquenté! Durant mes séjours au camping de Choranche
je me suis lié d'amitié avec Louis LEAU le boulanger
du village ... Un personnage haut en couleur, qui fait le pain selon
son humeur :-))
Les contradicteurs du goujon de 12mm vont immanquablement me dire
que cette voie se prête bien à la pose des coinceurs
… je rassure ces sots… les fissures se prêtaient
à l’origine surtout au dry tooling dans la terre! Certes
cette voie, comme Absolue, aurait facilement pu se gravir classiquement
du bas avec des pitons et quelques coinceurs … Mais non nettoyée,
cela aurait été une bouse intégrale.
Néanmoins cette évidente possibilité, non exploitée,
démontre une fois de plus que les pleurnichards du Terrain
d’Aventure ne sont que des velléitaires assez incompétents.
Envahir les forums ne fait pas tout, il faudrait peut être que
les I.T.A (Initiative Terrain d’Aventure) se bougent un peu
et sortent leur matos ailleurs que dans des voies pré nettoyées
et en partie aseptisées. C’est le marteau et le piton,
associé à quelques coinceurs, qui donne le label …
et pas le clavier de l’ordinateur ?
Cette voie m’a un peu (beaucoup) fatigué car c’est
l’une des faces les plus hautes de Presles (environ 250/260m),
venir du bas depuis la route des grottes est exténuant avec
un gros sac (je mettais 1h30 … 1h45 parfois), les relais très
agréables car tous confortables, ont demandé chacun
1 journée de jardinage … et certains blocs instables
ont nécessité un travail de terrassier titanesque, pour
être envoyés vers le bas! Et dire que je fais ça
bénévolement … tendance S.M mal assumée
? … à coup sûr dirait Lacan !
Néanmoins je suis satisfait du résultat, seul bémol
je n’aime pas croiser une autre voie. La ligne directe, sans
doute possible mais d’un niveau sans rapport avec le bas, n’a
pas encore été équipée … résigné,
je croise donc Idefix entre R8 et R9 sur une vire … où,
(je précise pour les mauvaises langues), les points ne sont
posés que pour éviter à la corde de se coincer
dans les buis coupés.
Sur cette vire la présence de chamois m’a semblé
absolument hallucinante … En 2 ans je ne les ai jamais aperçus,
pourtant le matin je découvrais des crottes fraîches
et des traces attestant d’une occupation durant la nuit …
mystère?

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