2007: La petite histoire de la Voie SHESEP ANKH


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Topo (croquis)

La Voie : Voie SHESEP ANKH, équipée en 2006et 2007 par Bruno FARA, équipement jusqu’à R2 par le bas avec Renée GUERIN… le reste en rappel - 250m, équipée, 14 dégaines sans les relais.
voie équipée à la perceuse Imprimer le topo et l'historique
Les falaises depuis le sommet d'oxus Secteur des Buis
la face sud depuis la route le pilier depuis choranche au sommet avant la descente pour équiper Renée au relais


SHESEP ANKH … Tête royale et corps de félin, le bien et la puissance au service de l'intelligence.
En égyptien ancien, le Sphinx est connu sous le nom de Shesep Ankh, la «statue vivante» d'Atoum, assimilé à Harmakhis au Nouvel Empire et représentant Khéphren sous la forme d'un lion à tête d'homme.
Pour comprendre le nom de cette voie, tout est dans ce petit texte tiré de document d’Egyptologie … bien sûr c’est du deuxième degré … quoique… je sois tenté d’y croire ?
Cette voie aurait plutôt du se nommer LUKAS … du prénom de mon petit-fils né en août 2005 car c’est la garde de ce dernier durant les mois de juillet 2006 et 2007 qui me permit de terminer ce chantier assez colossal! Ma compagne, (épousée durant cette période … “just married” aurait aussi été un beau nom), étant de garde, j’ai occupé mes journées à équiper! Seul problème … la tête des réceptionnistes de l’hôtel du Musée de l’eau quand je rentrais chaque soir avec une allure de mineur de fond !
Le 22 avril 2006, de retour de Wadi Rum (Jordanie), j’avais attaqué cette voie de façon classique … du bas (comme au bon vieux temps). Sans doute influencé par mon collègue Piola que j’avais vu à l’œuvre à Kalymnos. C’était propre et intéressant comme style, j’ai pensé … pourquoi ne pas revenir à ce type de pratique à Presles? En plus mon double jeu de camalots récemment acquis me donnait l’assurance d’une réussite inéluctable ?
Ouvrir (et pas équiper … terme réservé aux voies fabriquées en rappel), c’est une technique que je maîtrise assez bien pour l’avoir appliquée dans bon nombre de premières. Mais de toute évidence elle n’est plus adaptée pour “fabriquer” des voies de qualité dans le calcaire de Presles … entre le R2 et le R3 actuel, j’ai trouvé absurde de continuer à grimper en me frayant un chemin vers le haut avec ma scie pour dégager les buis, obligé de progresser en artif à cause des menhirs en équilibre précaire. C’était clair, en l’état cette voie n'intéresserait personne! De la terre bien grasse remplissait toutes les fissures … des buis partout … des blocs instables à profusion! Pour en faire une belle voie il faudrait de toute façon revenir en rappel avec une pioche et une barre à mine …
A quoi bon me tirer vers le haut “pour le principe”, pour ensuite tout faire sur des statiques! Le 23 avril 2006 j’ai donc posé une corde dans la dernière longueur, découvrant au passage la sortie exacte (mal dessinée sur le topo) de Idéfix.
Un voyage dans les Asturies en mai, quelques grandes voies à Archianne ou en Chartreuse, le Roc trip de Millau en juin … et ce n’est que début juillet, à la faveur d’une semaine consacrée à la garde de mon petit fils, (garde assurée par Renée), que j’ai vraiment progressé. Un excès de vitesse plus tard (en venant le vendredi soir à Choranche), et pour 90€ et 2 points je suis arrivé le 5 août 2006 à rejoindre les cordes laissées préalablement à R2.
La difficulté d’accès par le bas fut un problème important (sans doute lié à l’âge). Il faut dire que 1h45 de montée raide, avec un sac contenant la perceuse et 3 accus … ça tue et ça démoralise (même si le soir la petite bière à la Cabane Café était réconfortante). J’ai donc décidé que l’ampleur du travail restant à faire ne permettrait pas de terminer en 2006. Néanmoins tous les goujons étaient en place et la voie déjà bien nettoyée. Je pouvais partir passer Octobre à Kalymnos sans culpabiliser.
Les voyages m’éloignant de plus en plus de Presles , (mars 2007 fut consacré au Hoggar pour un peu d’escalade et surtout une traversée du désert vers le Niger), ce n’est que le 14 avril 2007 que je suis revenu visiter mon chantier ! Visite sans suite … puisque le mois de mai fut passé en Andalousie … Mais, prévoyant, j’avais programmé à nouveau une semaine mi juillet à l’hôtel du Musée de l’eau (toujours avec Lukas) pour en terminer avec l’extermination des mottes de terre ??
Le dimanche 29 juillet 2007 je pouvais dire, avec soulagement …la voie est terminée. Le même jour, Bernard Gravier achevait pas loin une nouvelle ligne, mais lui avait commencé en 2005 … et surtout il fut aidé par une multitude de comparses.
Néanmoins il m’a fallu revenir encore le 4 août 2007 pour en finir avec la récupération des cordes. Reste encore un projet de sortie directe … et aussi l’aménagement du sentier entre le pied de Shesep Ankh et Début de Millénaire … on verra plus tard ?
J’ai donc passé toute la période polémique de Presles loin du tumulte et des bagarres, qui sont restés cantonnés au virage de la voie des Buis… Bien tranquille dans mon “fond du cirque”, devenu du coup très fréquenté! Durant mes séjours au camping de Choranche je me suis lié d'amitié avec Louis LEAU le boulanger du village ... Un personnage haut en couleur, qui fait le pain selon son humeur :-))
Les contradicteurs du goujon de 12mm vont immanquablement me dire que cette voie se prête bien à la pose des coinceurs … je rassure ces sots… les fissures se prêtaient à l’origine surtout au dry tooling dans la terre! Certes cette voie, comme Absolue, aurait facilement pu se gravir classiquement du bas avec des pitons et quelques coinceurs … Mais non nettoyée, cela aurait été une bouse intégrale.
Néanmoins cette évidente possibilité, non exploitée, démontre une fois de plus que les pleurnichards du Terrain d’Aventure ne sont que des velléitaires assez incompétents. Envahir les forums ne fait pas tout, il faudrait peut être que les I.T.A (Initiative Terrain d’Aventure) se bougent un peu et sortent leur matos ailleurs que dans des voies pré nettoyées et en partie aseptisées. C’est le marteau et le piton, associé à quelques coinceurs, qui donne le label … et pas le clavier de l’ordinateur ?
Cette voie m’a un peu (beaucoup) fatigué car c’est l’une des faces les plus hautes de Presles (environ 250/260m), venir du bas depuis la route des grottes est exténuant avec un gros sac (je mettais 1h30 … 1h45 parfois), les relais très agréables car tous confortables, ont demandé chacun 1 journée de jardinage … et certains blocs instables ont nécessité un travail de terrassier titanesque, pour être envoyés vers le bas! Et dire que je fais ça bénévolement … tendance S.M mal assumée ? … à coup sûr dirait Lacan !
Néanmoins je suis satisfait du résultat, seul bémol je n’aime pas croiser une autre voie. La ligne directe, sans doute possible mais d’un niveau sans rapport avec le bas, n’a pas encore été équipée … résigné, je croise donc Idefix entre R8 et R9 sur une vire … où, (je précise pour les mauvaises langues), les points ne sont posés que pour éviter à la corde de se coincer dans les buis coupés.
Sur cette vire la présence de chamois m’a semblé absolument hallucinante … En 2 ans je ne les ai jamais aperçus, pourtant le matin je découvrais des crottes fraîches et des traces attestant d’une occupation durant la nuit … mystère?