1978: La petite histoire de la Voie HAÂFNÏOUF


Retour

Topo (croquis) Topo (texte)

La Voie : Voie HAÂFNÏOUF ouverte les 25 et 26 novembre 1978 par M Bruno FARA et Daniel LACROIX, après préparation Jusqu'à la vire les 18 et 19 novembre par Jean-Marcel CHAPUIS, Régis CHAZAET, Georges DURAND, Bruno FARA et Daniel LACROIX. TD sup soutenue, 200m, 58 pitons, 1 coin, 10 expansions, coinceurs.
Voie ouverte du bas imprimer le topo et l'historique
Les falaises depuis le sommet d'oxus Sur la vire lors de la première la face sud depuis la route Vue du pilier le pilier depuis choranche le secteur des Buis


L
e bivouac qui nous hébergeait chaque week-end ayant été construit sur la vire aux chèvres, (les murettes sont toujours en état entre IZNOGGOOD et HAÂFNÏOUF), nous avons recherché les lignes de fissures les plus proches… Ce critère ayant prévalu sur tous les autres (exit… bon rocher, belle ligne etc..), naquirent ainsi par la force du piton et du tamponnoir, les LIONS NIAIS, OXUS, VOL AU VENT, IZNOGOOD et HAÂFNÏOUF. Avec Régis CHAZALET nous avons attaqué HAÂFNÏOUF le 5 novembre 1978 (après avoir terminé les CLOWNS la veille). Nous étions resté un jour de plus, et sans doute par paresse, nous avons commencé à pitonner juste au dessus du bivouac!
Pourquoi HAÂF !… Parce que NÏOUF… Voilà la seule origine de ce nom étrange, résumé de notre plaisanterie favorite de l'époque, sans doute liée à un taux d'alcoolémie proche du comas éthylique. En toute objectivité force est de constater qu'après ARCHIANNE, nous avons régressé en escalade libre car durant environ deux années, outre une tendance à boire de trop (beaucoup trop), toutes les voies de cette époque furent plus des prétextes à rigolade que des challenges sportifs. Néanmoins nous avons progressé en artif, car durant cette période nous avons grimpé quelque soit la météo… En bottes et combinaison spéléo parfois.
Nous progressions pratiquement intégralement en artificielle. Le but de nos journées était de vaguement s'occuper, pour le soir venu faire la fête au bivouac, entre copains autour du feu. Nous étions sans doute peu rentables car entre les portages de matos, de bouffe, d'eau et de vin entre le parking et le bivouac, il nous restait en hiver peu de temps pour avancer nos projets. Seul le nombre nous a permis d'être efficaces car nous étions en permanence sur plusieurs projets, et même quand certains avaient du mal à dégriser le dimanche matin, il en restait toujours quelques uns motivés pour remonter sur les statiques.
Vers 1980 lorsque nous avons réalisé notre déchéance, peu d'entre nous maîtrisaient encore le cinquième degré… et dans un même excès nous sommes passés de l'alcoolisme à l'ascétisme avec enthousiasme et efficacité. Preuve que l'homme à défaut d'être bon par nature est au moins amendable!
Que dire de plus, concernant cette voie HAÂFNÏOUF… Il nous a fallut encore 2 week-end pour en finir, d'abord les 11 et 12 novembre 1978 puis les 25 et 26 novembre pour sortir au sommet, seul avec Javel car les autres membres de l'équipe figurant dans le topo, n'ont pas participé au final. Quelques anecdotes sur
HAÂFNÏOUF, la longueur au dessus de la vire côté A2 avec 1 pas d'A3 n'a été répétée que vingt ans après... (Sombardier… qui prétendait faire de l'A5 au Grand Manti, a échoué dans une tentative). Il faut dire que sur 5 mètres dans du rocher pulvérulent, j'ai jumelé des séries de rurps et autres micros pitons infectes… la seule petite cornière valable JAVEL l'a barrée contre mon avis!
Les 3 pitons manquant, signalés dans le topo, sont à mon avis les 5 mètres d'artif les plus difficiles de ma carrière...
En 2004 la partie supérieure a été utilisée pour sortir de la voie "COLERE de SHIVA"... les ouvreurs ont eu l'élégance de bien le signaler (ceci devient rare à Presles ... certains équipeurs oubliant un peu qu'ils ne sont pas vraiment toujours en terrain vierge!). La cotation de ce passage est ramenée à A1/A2... On était vraiment mauvais... ou le matériel est meilleur!
Le lendemain nous voulions récupérer les cordes, car ayant atteint le plateau à la nuit, nous étions redescendus au bivouac. Dans la nuit il avait neigé 50cm et au petit matin il devait faire 10 degrés en dessous de zéro… Avec JAVEL nous n'avons jamais pu remonter intégralement. A 50m de la sortie, même en grattant les cordes givrées, les jumards finissaient par glisser sur la gaine gelée… JAVEL ayant ainsi coulissé sur 10 mètres pour finir dans l'ancrage inférieur, j'ai décidé de laisser les derniers mètres cordés. Notre descente en rappel c'est faite dans la voie des CLOWNS, et nous avons récupéré le matos plus tard en venant par le haut.
Cette voie est très peu reprise, elle mériterait d'être rééquipée, au moins dans la partie inférieure.